Réseaux sociaux, partie 9
Dépendance
Les plateformes de réseaux sociaux peuvent favoriser l'apparition de comportements addictifs. Des études montrent qu'une utilisation excessive peut entraîner des symptômes similaires à ceux de la dépendance. Parmi ces symptômes, on retrouve la vérification compulsive des informations, la modification de l'humeur et un sentiment de sevrage en l'absence de réseaux sociaux. Ceci peut se traduire par une diminution des interactions sociales en face à face et contribuer à la détérioration des relations interpersonnelles et à un sentiment de solitude.
Cyberharcèlement
Le cyberharcèlement (ou cyberintimidation) est une forme d'intimidation ou de harcèlement utilisant des moyens électroniques. Depuis les années 2000, il est devenu de plus en plus fréquent, notamment chez les adolescents, en raison de l'utilisation accrue des réseaux sociaux par les jeunes. Le harcèlement en ligne et le trolling en ligne en font partie. En 2015, selon les statistiques de la fondation i-Safe sur le cyberharcèlement, plus de la moitié des adolescents avaient été victimes de cyberharcèlement et un nombre similaire s'était livré à des actes de cyberharcèlement. L'auteur et la victime sont tous deux affectés négativement, et l'intensité, la durée et la fréquence du harcèlement sont trois facteurs qui aggravent ces effets néfastes.
Troubles du sommeil
Une étude de 2017 a mis en évidence un lien entre les troubles du sommeil et l'utilisation des réseaux sociaux. Elle a conclu que la lumière bleue émise par les écrans d'ordinateur et de téléphone – et la fréquence d'utilisation plutôt que la durée – était un facteur prédictif des troubles du sommeil, qualifiés de « vérification compulsive ». L'association entre l'utilisation des réseaux sociaux et les troubles du sommeil a des implications cliniques pour les jeunes adultes. Une étude récente a montré que les personnes appartenant au quartile supérieur d'utilisation hebdomadaire des réseaux sociaux présentaient les troubles du sommeil les plus importants. La durée médiane d'utilisation des réseaux sociaux par jour était de 61 minutes. Les femmes étaient plus susceptibles de souffrir de troubles du sommeil importants. De nombreux adolescents souffrent de privation de sommeil due aux longues heures passées sur leur téléphone le soir, ce qui les rend fatigués et déconcentrés à l'école. Une étude de 2011 a montré que le temps passé sur Facebook était corrélé négativement à la moyenne générale, mais le lien avec les troubles du sommeil n'a pas été établi.
Effets émotionnels
L'un des effets étudiés des réseaux sociaux est la « dépression Facebook », qui touche les adolescents passant trop de temps sur ces plateformes. Cela peut entraîner un repli sur soi, aggravant la solitude et une faible estime de soi. Les réseaux sociaux sélectionnent le contenu pour inciter les utilisateurs à faire défiler les publications. Des études montrent que l'estime de soi des enfants est positivement influencée par les commentaires positifs et négativement par les commentaires négatifs ou leur absence. Cela a un impact sur la perception de soi. Une étude menée en 2017 auprès de près de 6 000 adolescents a révélé que ceux qui rapportaient des symptômes de dépendance aux réseaux sociaux étaient plus susceptibles de présenter une faible estime de soi et des symptômes dépressifs importants.
Un autre effet émotionnel est l'épuisement lié aux réseaux sociaux, défini par l'ambivalence, l'épuisement émotionnel et la dépersonnalisation. L'ambivalence est une confusion quant aux bénéfices de l'utilisation des réseaux sociaux. L'épuisement émotionnel est le stress engendré par cette utilisation. La dépersonnalisation est un détachement émotionnel vis-à-vis des réseaux sociaux. Ces trois facteurs d'épuisement diminuent la probabilité de continuer à utiliser les réseaux sociaux.
Un troisième effet émotionnel est la « peur de manquer quelque chose » (FOMO), soit la « crainte généralisée que d'autres vivent des expériences enrichissantes auxquelles on n'a pas accès ». Elle est associée à une surveillance accrue des amis sur les réseaux sociaux.
Les réseaux sociaux peuvent aussi apporter un soutien, comme Twitter l'a fait pour la communauté médicale. Twitter a facilité les échanges entre professionnels de santé et étudiants, tout en leur offrant une communauté solidaire grâce aux mentions « J'aime », aux commentaires et aux publications. L'accès aux réseaux sociaux a permis aux personnes âgées de maintenir le lien social, malgré le décès de leur conjoint et l'éloignement géographique. En mars 2025, un Pakistanais a tué l'administrateur d'un groupe WhatsApp, furieux d'en avoir été exclu.
Ce passage est un extrait de « Réseaux sociaux et suicide ».
Depuis l'essor des réseaux sociaux, de nombreux cas de personnes influencées au suicide ou à l'automutilation par leur utilisation ont été recensés, et même des cas de tentatives de suicide diffusées en direct, parfois avec succès, sur les réseaux sociaux. Des chercheurs ont étudié les réseaux sociaux et le suicide afin de déterminer les risques éventuels liés à ces médias et d'identifier des méthodes pour les atténuer. À ce jour, la recherche d'une corrélation n'a pas permis d'établir de lien clair.
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