Réseaux sociaux, partie 13
En 2019, le Pentagone a publié des directives à destination des forces armées, des garde-côtes et d'autres agences gouvernementales, identifiant « le risque potentiel lié à l'utilisation de l'application TikTok et enjoignant les employés à prendre les mesures appropriées pour protéger leurs données personnelles ». En conséquence, les forces armées, les garde-côtes, l'Administration de la sécurité des transports (TSA) et le Département de la sécurité intérieure (DHS) ont interdit l'installation et l'utilisation de TikTok sur les appareils gouvernementaux.
En 2020, le gouvernement américain a tenté d'interdire TikTok et WeChat aux États-Unis pour des raisons de sécurité nationale. Cependant, un tribunal fédéral a bloqué cette initiative. En 2024, le Congrès américain a adopté une loi obligeant ByteDance, la société mère de TikTok, à céder le service sous peine de voir celui-ci interdit d'exploitation aux États-Unis. L'entreprise a intenté une action en justice, contestant la constitutionnalité de l'interdiction. Celle-ci a été jugée constitutionnelle.
Dépendance
Le trouble de dépendance à Internet (TDI) se caractérise par des préoccupations, des envies ou des comportements excessifs ou mal contrôlés liés à l'utilisation de l'ordinateur et à l'accès à Internet, entraînant une altération du fonctionnement ou une souffrance. Les jeunes sont particulièrement exposés au risque de développer une dépendance à Internet, et l'accès accru à Internet peut entraîner une baisse des résultats scolaires. Certains subissent des conséquences néfastes sur leur santé, notamment le manque de sommeil dû aux nuits blanches passées à consulter, discuter et jouer en ligne.
L'usage excessif d'Internet n'est pas reconnu comme un trouble par le DSM-5 de l'Association américaine de psychiatrie ni par la CIM-11 de l'Organisation mondiale de la santé. Cependant, le trouble du jeu vidéo figure dans la CIM-11. La controverse autour du diagnostic porte notamment sur la question de savoir si ce trouble constitue une entité clinique distincte ou une manifestation de troubles psychiatriques sous-jacents. L'absence de définitions standardisées et consensuelles complique l'élaboration de recommandations fondées sur des données probantes.
De nombreux modèles théoriques ont été développés et utilisés depuis des années afin de mieux expliquer les facteurs prédisposants à ce trouble. Des modèles tels que le modèle cognitivo-comportemental de l'Internet pathologique sont utilisés pour expliquer la dépendance à Internet depuis plus de 20 ans. Des modèles plus récents, comme le modèle d'interaction personne-affect-cognition-exécution, ont été développés plus récemment et commencent à être appliqués dans un nombre croissant d'études cliniques.
En 2011, le terme « trouble de dépendance à Facebook » (TDF) a émergé. Le TDF se caractérise par une utilisation compulsive de Facebook. Une étude de 2017 a examiné une corrélation entre l'utilisation excessive et le narcissisme, concluant que « le TDF était significativement et positivement corrélé au trait de personnalité narcissique et à des variables de santé mentale négatives (dépression, anxiété et symptômes de stress) ».
En 2020, le documentaire « Derrière nos écrans de fumée » (The Social Dilemma) a fait état des inquiétudes d'experts en santé mentale et d'anciens employés de réseaux sociaux quant à la recherche d'une utilisation addictive par ces plateformes. Par exemple, lorsqu'un utilisateur ne s'est pas connecté à Facebook depuis un certain temps, la plateforme modifie ses notifications pour tenter de le faire revenir. Le documentaire soulève également des inquiétudes quant à la corrélation entre l'utilisation des réseaux sociaux et les comportements suicidaires chez les enfants et les adolescents.
De plus, des études menées en 2020 ont montré une augmentation de la prévalence de la dépendance à Internet depuis la pandémie de COVID-19. Ces études, qui mettent en lumière le lien possible entre la COVID-19 et la dépendance à Internet, ont examiné comment l'isolement forcé et le stress qui en découle ont pu entraîner une utilisation accrue d'Internet.
Désactiver les notifications des réseaux sociaux peut contribuer à réduire leur utilisation. Pour certains utilisateurs, modifier leurs habitudes de navigation peut s'avérer utile pour compenser les difficultés d'autorégulation. Par exemple, une étude menée auprès de 157 apprenants inscrits à des cours en ligne ouverts à tous (MOOC) a examiné l'impact d'une telle intervention. Cette étude a révélé qu'un soutien à l'autorégulation était associé à une réduction du temps passé en ligne, notamment pour les loisirs.
La recherche suggère que les plateformes de réseaux sociaux déclenchent un cycle de comportements compulsifs, qui renforce les schémas addictifs et rend la rupture de ce cycle plus difficile.
Plusieurs actions en justice ont été intentées concernant la dépendance aux réseaux sociaux, comme le litige multidistrict qui allègue les préjudices causés par cette dépendance chez les jeunes utilisateurs.
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